Matin innocent

Un regard dans mon café noir, tourbillonne, le matin, le soir. La morosité d’un bonjour devenu automatique et conventionnel s’échappe. Marchant dans les feuilles, les yeux perdus dans le ciel bleu qui s’éveille, je médite sur la journée qui m’attend au-delà de ces portes. Le portail d’une autre vie lorsque nous ne sommes plus seul. J’aime ce court instant où seule la Nature sortant de son sommeil occupe mon esprit. Le chant des oiseaux inconscients de leur naïve joie si convoitée et l’odeur de l’herbe fraîche trempée par la rosée mêlée à celle du pain chaud et frais d’un boulanger à la mine attristé.

Changement de décor, ma paire d’escarpins ou de converses usées franchit l’entrée du bus. Ah vraiment ? mon style quotidien n’est jamais le même ? Ah vrai dire je m’en contre fous…

Virage à 180°, un grand sourire non échangé en guise de bonjour collectif. Des visages atterrés et chuchotements se font entendre, comme à chaque arrêt. Un nouveau monde est là, celui du « bahut ». Ce périmètre, où chacun se dit intouchable par les ragots et les « on dit » mais ce n’est bien évidemment qu’une façade, car même le plus arriéré des fils de profs de maths, aime apprendre les frasques et les élans de coeur de ces personnes confinés dans des mêmes locaux la majeure partie de leur vie. Bien sûr, certains jouent le jeu et profitent de cette atmosphère où, quand vous avez passé votre week end chez vous, en zone protégée, pour réviser votre DS de Maths, on vous attribue dès le lundi matin, la participation très engagé dans une orgie à Deauville samedi dernier, avec des horaires précis, des protagonistes clés et sans oublier votre taux d’alcoolémie par litre de sang ou son équivalent en herbe ou cocaïne. Il est inutile de préciser que ce genre de « rumeurs » ne gagnent pas à être démenties car vous seriez discrédité d’office avec votre excuse basée sur les révisions et puis, avouons-le, ça vous donne l’air « in » !! Bien sûr, d’autre s’acharnent à se justifier où bien n’assument tout simplement pas leurs débordements. Voilà les règles de ce monde lycéen qui repose joliment sur le « marche ou crève, rêve ou baise ». Heureusement, ça ne choque plus personne quand, assise dans ce maudit bus, j’entends la blonde (écervelée) sur la banquette avant, régler ses comptes avec un de mes meilleurs amis en mentionnant, sans aucun scrupule, mon nom associé à des adjectifs d’une péjoration puérile. Je pourrai même dire que cela m’amuse de voir cette « cul serré » m’accorder autant d’importance dans sa misérable vie. C’est presque aussi amusant que de constater qu’une salope au corps d’enfant, baisée par tout ce lycée et même par tout le département, a dû quitter ce lieu mythique et dangereux pour allez en cure de désintox à 15 ans.

Laissez-moi rire.

~ par sunningashtray sur 15 novembre 2008.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :